Anastasia incarne Eudoxia de Mélitène, une arménienne de noble ascendance, du début du XIIème siècle, vivant dans le Royaume de Jérusalem. Cette dernière, femme de caractère et de pouvoir, a finalement consentit à épouser un de ces seigneurs francs qui prétendument venus, avec ferveur, chercher rédemption en Terre Sainte, y trouvèrent contre toute attente foyer et fortune. Couple influent du Comté d’Edesse et proches amis du Comte, aucune de leurs apparitions ne passent inaperçues.
Instruite, Eudoxia n’ignore rien de l’art de la guerre. La victoire né certes de la puissance, et de la stratégie, mais notre noble amie est convaincue qu’un peu de charme s’avère souvent être un bien précieux allié. Sa beauté et son élégance toute byzantine, font des ravages dans les rues du royaume. Il se murmure que le Roi de Jérusalem lui-même ne serait pas insensible à son charme tant sa compagnie semble si souvent le combler…
Eudoxia de Mélitene est un personnage fictif. Nous n’avons pas de sources directes d’une noble arménienne de cette période clairement identifiée : c’est-à-dire de vêtements dont il est attesté qu’ils appartenaient à ce type de personnage ou des iconographies réalisées de manières certaines par des arméniens. ous avons donc choisi de partir de l’iconographie byzantine réalisées en Arménie, ou d’enluminures de style byzantin comme celles du Psautier de Melisende reine de Jérusalem dont on sait qu’elle est d’ascendance arménienne et franque. Par ailleurs, les historiens des croisades montrent une Arménie où se mêlent de fortes influences byzantines, turques ou syriennes.
La démarche
La robe est faite de taffetas de soie rouge de chez Woolsome et les « parementures » de brocard de soie de chez Kazar Bazar.
Il s’agit là d’une interprétation personnelle, il est en effet très complexe de distinguer la réelle matière de ces décorations sur les mosaïques et enluminures représentées soit de manière « sommaire » toutes dorées, soit avec des motifs floraux évoqués ou alors lorsqu’elles sont détaillées sur les personnages de plus haut statut faites alors de broderies de perles et de pierreries. De plus, il faut prendre du recul face à l’art byzantin qui use d’un langage symbolique, pas forcément réaliste. Ce personnage étant noble mais de petite noblesse , l’usage du brocard semblait une alternative convenable dans la mesure où l’Empire byzantin était producteur de ce type d’étoffe.
Le tissu original a été retrouvé dans la tombe de l’évêque de San Pedro de Osma mort en 1109. Le tissu correspond donc parfaitement à la toute fin XI-début XIIeme siècle. La robe a été cousue par l’Atelier de Sitelle.
Une ceinture de soie rouge, rehaussée de 2 perles et d’une pierre verte en son centre orne sa taille.
Les ceintures sont rarement représentées sur les iconographies et nous n’avons pas de sources primaire…
Elle soutient une petite aumônière de soie verte ornée de pompons et de petites perles discrètes.
Elle est d’une forme fréquente et répandue au XIIème siècle en Occident, ce personnage vivant au croisement des cultures occidentales et orientales.
Le couvre chef d’Eudoxia est un voile en crêpe de soie translucide rouge foncé sur lequel vient reposer sa chlamyde (grand châle typiquement byzantin) en soie diamantée rouge. Il s’agit là d’étoffes légères, au drapé fluide, pour s’approcher des rendus présents sur les iconographies tout en étant des étoffes riches, en adéquation avec son statut social. Crêpe de soie de chez Stragier et soie diamantée de chez Sartor, mais les dames de cour vous le confirmeront, les ourlets eux sont faits main, tout comme ses sous-vêtements (une chainse de lin blanc), par la maîtresse elle-même qui semble trouver aux travaux d’aiguille des bienfaits méditatifs (chacun sait qu’il n’est guère recommandé de troubler ces moments d’introspection sous peine de vives remontrances !).







